Du sable dans les yeux
On m’invite à prendre le thé. On m’apporte le premier, le plus fort, celui de la mort. Près d’un an et demi après la grave sécheresse, je foule le sol rouge du Niger, un des pays les plus pauvres de la planète, afin de couvrir les activités du CECI et leurs progressions. Dans ce pays, majoritairement occupé par le Sahara, rien que la vue du paysage donne soif. Un territoire très hostile à la vie… et ce désert qui avance au compte-goutte, prenant peu à peu possession des lieux. Cette terre qui n’a pas grand-chose à offrir si ce n’est que des mirages qui déguisent le sable en eau.

On me sert le deuxième thé. Celui de la vie. Ce sont principalement les femmes nigériennes qui oeuvrent dans les champs, donnant vie aux terres. On dit que ce sont elles qui nourrissent le Niger. Absentes du pouvoir décisionnel, ces travaillantes femmes s’unissent et s’organisent peu à peu. Les centres d’alphabétisation et les coopératives maraîchères ont été créés avec des subventions, pour être ensuite autogérés par des groupes de femmes. Elles y apprennent à lire. Et à compter, pour pouvoir faire des transactions au marché, une opération banale pour quiconque sachant manipuler les chiffres, mais ô combien importante. La force et la ténacité de ces femmes m’ont grandement impressionné, dans une société où elles n’ont pas toujours le beau rôle.

On m’apporte le dernier thé, le plus léger, celui de l’amour.

Voici quelques images issues de ce périple effectué en 2007.



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